Emerging African artists to follow #1

LULAMA WOLF

https://www.instagram.com/lulamawolf/

Les œuvres de Lulama Wolf, jeune peintre et influenceuse basée à Johannesburg, se situent à l’intersection du néo-impressionnisme et de l’art Africain moderne. Un univers pictural abstrait, nourrit de références architecturales Africaines où des scénettes de vie et des figures personnifiées de couleurs chaudes, ocres et terracotta, interrogent l’expérience de l’Afrique précoloniale. En utilisant l’acrylique ainsi que des techniques traditionnelles comme le grattage et le frottage de pigments profonds (utilisées pour la plupart par des femmes Africaines afin de créer des motifs et décorer leurs maisons), la jeune artiste inscrit son travail dans la transmission d’un imaginaire dit « vernaculaire » tout en y apportant de la modernité et du graphisme. 


Lulama Wolf’s works, a young painter and influencer based in Johannesburg, stand at the intersection of Neo-Impressionism and modern African art. An abstract environment, nourished by African architectural references, where life scenes and figures are personified by arm, ochres, and terracotta colours, question the pre-colonial African experience. Using acrylic and traditional techniques such as scraping and rubbing deep pigments (used to create patterns and decorate houses), the young artist is immersing her work in the transmission of a “vernacular” imaginary while bringing modernity and visual graphic to it.

PHUMZILE BUTHELEZI

Phumzile est une artiste explorant les possibilités que lui permettent les croisements entre les techniques et les matériaux. Tout au long de sa vie et grâce à son environnement familial, l’artiste développa une véritable passion pour les activités manuelles et les expérimentations sur divers supports (notamment pour la gravure, lors de son année à l’Artist Proof Studio). Dans son processus créatif, l’artiste découpe les estampes en formes et tailles variées, guidée par ses dessins et études préparatoires. Elle les assemble ensuite à l’aide d’une machine à coudre manuelle. Les couleurs verdoyantes et végétales de ses collages, ainsi que l’assemblage « fractionné » de l’ensemble me font penser aux œuvres de l’artiste maniériste d’Arcimboldo.


Phumzile is an artist who explores the possibilities offer by techniques and materials intersection. Throughout her life and thanks to her familial environment, the artist developed a real passion for manual activities and experimentation. She notably experimented printmaking during her year at the innovative and committed community centre of excellence, the Artist Proof Studio (APS). During her creative process, the artist first cuts the prints into various shapes and sizes, guided by her drawings and preparatory studies. Then, she assembles the pieces together, using a manual sewing machine. Her green and vegetal collages, as well as the “fractioned” look of her pieces, remind me of the Arcimboldo’s mannerist work.

ZANDILE TSHABALALA

https://www.instagram.com/zandilet_art/?hl=fr

Coup de cœur pour Zandile, une jeune peintre talentueuse, née à Soweto. En rupture avec certains peintres de référence (Manet, Kerry James Marshall, Njideka Akunyili-Crosby, Cinga Samson, Nandipha Mntambo et Henri Rousseau pour en citer quelques-uns) l’artiste remet en question le manque de figures fortes féminines noires. C’est un thème important dont je ne suis pas experte, mais de manière générale, la femme noire n’a pas été aussi souvent glorifiée que la femme blanche dans l’histoire de l’art. La représentation de celle-ci s’exprime généralement par un léger recul, dans une posture modeste voir inappropriée. Zandile, au travers de ses œuvres, a la volonté de placer la femme noire comme un sujet central. Forte, sûre d’elle, sensuelle, le modèle récupère le contrôle de son attitude. Une peinture « d’empowerement » aux touches de couleurs pop. Une artiste à investir !


I had a crush for Zandile’s work, a talented young painter, born in Soweto. The artist questions the emptiness of strong black feminine figures in rupture with some historical painters. (Manet, Kerry James Marshall, Njideka Akunyili-Crosby, Cinga Samson, Nandipha Mntambo and Henri Rousseau). This is an important topic of which I am not an expert, but generally speaking, in the art history, the black woman has not been glorified as much as the white woman. Black women are generally pictured with a slight setback, in a modest or even inappropriate posture. Zandile’s works, by opposition, spotlight the black woman as a central and powerful subject. Strong, confident, sensual, the model has regained control of her attitude. An « empowering » painting with touches of pop colours. An artist to invest, for sure !

Dans son travail, elle s’intéresse aux thèmes de la représentation, en particulier la représentation des femmes noires dans les peintures historiques. L’artiste a remarqué un modèle selon lequel la femme noire dans les peintures était généralement placée à l’arrière et commence à disparaître presque comme si elle était absente ou placée dans des situations compromettantes qui renforcent l’idée que la femme noire est inférieure et doit être marginalisée. L’artiste a ressenti un fort besoin de remettre en question ces idées et de redonner la voix de la femme noire dans ses peintures en plaçant la figure féminine noire dans une position puissante qui lui permet de contrôler son propre corps et le regard qui est échangé entre elle et le spectateur. L’artiste commence alors à puiser dans les thèmes de la beauté, de la sensualité et de la relation.

In her work she is interested in topics of representation particularly the
representation of the black women in historical paintings. The artist noticed a pattern whereby the black woman in paintings was usually placed at the background
and starts to disappear almost as if she is not present or is placed in compromising situations that reinforce the idea that the black woman is inferior and should be marginalized. The artist felt a strong need to challenge these ideas and give back the black woman’s voice in her paintings by placing the black female figure in a powerful positon that allows her to be in control of her own body and the gaze that is exchanged between her and the viewer. The artist then starts to tap into topics of beauty, sensuality and the relationship.

TERESA KUTALA FIRMINO

Les œuvres de Teresa Kutula Firmino se lisent comme des contes psychanalytiques. À l’instar des peintures de Bacon, les personnages sont représentés dans un espace clos, et la narration est emplies de métaphores. Les éléments figuratifs sont construits grâce à un mélange de rêves, de souvenirs et de symboles.

Teresa Kutala Firmino est née à Pomfret. Cette ville isolée de la province du Nord-Ouest d’Afrique du Sud est caractérisée par un passé militaire. Après les guerres frontalières Africaines qui opposa le gouvernement de l’Angola, de la Namibie et de l’Afrique du Sud entre 1966 et 1989, certains soldats angolais y ont été relogés, entrainant des complications. Une guerre de territoire complexe au souvenir vif. Son père a plus tard rejoint la force de défense sud-africaine, ce qui mena Teresa a étudier à Zeerust, Johannesburg avant d’aller à l’université de Witwatersrand.

La peintre s’intéresse ainsi à l’histoire et à la réécriture de l’histoire : « L’histoire telle qu’elle est présentée est souvent biaisée et unilatéral ainsi, afin de mieux la comprendre, je ré-imagine mon passé, dans cette soi-disant vérité ». C’est une artiste à suivre, elle va très certainement grimpée, elle a déjà exposée à de nombreuses reprises à Johannesburg et Cap Town.


The works of Teresa Kutula Firmino should be interpreted like psychoanalytic tales. Like Bacon’s paintings, the characters are depicted in an enclosed space, and the narrative is filled with metaphors. The figurative elements are constructed from a mixture of dreams, memories and symbols.

Teresa Kutala Firmino was born in Pomfret. This isolated town in the North West Province of South Africa is deeply marked by a military past. After the the African border wars that pitted the governments of Angola, Namibia and South Africa between 1966 and 1989, some Angolan soldiers have been re-housing there. A complex territory war, still pretty much alive in her village. His father later joined the South African defense force, which led Firmino to study in Zeerust, Johannesburg before going to the University of the Witwatersrand.

The painter is particularly interested in history and its rewriting. « The story as it is presented is often biased and one-sided so, in order to better understand it, I re-imagine my past, in this so-called truth« . She is an artist to be followed, she will most certainly climb. She has already exhibited many times in Johannesburg and Cape Town.

GIGGS KGOL

https://www.instagram.com/kgole_/?hl=fr

Giggs Kgols est un jeune artiste plasticien à la carrière montante. Peu après sa toute première exposition, il reçut une bourse présidentielle pour étudier l’histoire de l’art l’Université John Cabot de Rome. En 2016, l’artiste renommé sud-africain William Kentridge a fièrement parrainé Giggs. Selon le jeune artiste, « le mentorat m’a permis de m’exprimer de façon créative et m’a guidé dans le fonctionnement de cette industrie ».

Giggs Kgols is a young visual artist with a rising career. Shortly after his very first exhibition, he received a presidential scholarship to study art history at the John Cabot University in Rome. In 2016, renowned South African artist William Kentridge proudly mentored Giggs. According to the young artist, « the mentorship allowed me to express myself creatively and guided me through the workings of the industry.

Après de belles études et alors âgé de 21 ans, il est devenu en 2018, l’un des galeristes les plus jeunes d’Afrique du Sud, avec GasLamp Gallery situé à Johannesburg. En 2018, il réalisa une résidence de 6 mois en France. Cette résidence Undiscovered Canvas, créée par Nomaza Nongqunga, accueille de jeunes talents Africains et leur offre la possibilité de s’inspirer et de vivre des expériences en France ainsi que de collaborer avec d’autres artistes.

After a good education and at the age of 21, he became one of the youngest gallery owners in South Africa with GasLamp Gallery located in Johannesburg. In 2018, he completed a 6-month residency in France organized by Undiscovered Canvas. Created by Nomaza Nongqunga, the residency aims to inspire talented young African artists by welcoming and offering them the possibilities to live experiences and collaborate with other artists.

Né dans un village du Limpopo (une région au nord de l’Afrique du Sud), Giggs utilisent toute une quantité de matériaux allant même jusqu’à expérimenter les œuvres en 3D. L’artiste met en scène les impacts que les conflits politiques et sociaux ont sur les conditions de vies rurales. Il joue avec les images, les mots et leur double sens. Bon communicant, il écrit des notes en lien avec ses œuvres racontant les récits marquants qui ont construit sa forte identité et sa philosophie de vie. Quelques croyances qui l’accompagnent : persévérance, travail, accomplissement, gratitude et de manière générale, spiritualité. On notera une familiarité assumée avec Basquiat dans le style et l’utilisation récurrente de la couronne dans ses œuvres :

« Megan m’a arrêté et m’a dit (…) tu ressembles à Jean-Michel Basquiat (…) Plus tard dans la journée, lors de mon premier jour à Paris, j’ai reçu les mêmes remarques de différentes personnes qui ont vu soit moi soit mes œuvres. J’ai décidé de faire des recherches sur lui et j’en suis tombé amoureux. J’ai été inspiré par la similarité de nos points communs dans le monde de l’art. Pendant un an, je rêvais que mes deux personnes préférées (Basquiat et ma copine) me couronnaient et me disant qu’elles sont fières de moi et de tous les sacrifices que j’ai fait, et que je peux me reposer maintenant. »

Born in a village in Limpopo (a region in the north of South Africa), Giggs uses a variety of materials, even experimenting with 3D artwork. The artist portrays the impacts that political and social conflicts have on rural living conditions. He plays with images, words and their double meanings. Open to communication, he writes notes in connection with his works telling the striking stories that have built his strong identity and philosophy of life. Some beliefs that accompany him: perseverance, work, accomplishment, gratitude and, in general, spirituality. Notice an assumed familiarity with Basquiat in the style and recurrent use of the crown in his works:

« Megan stopped me and told me (…) you look like Jean-Michel Basquiat (…) Later that day on my first day in Paris, I Received the same remarks from different people who either saw me or my masterpieces. I decided to research on him and fell in love and felt inspired about how similar we came up in the art world. A year after, I kept having dreams of my two favorite people in the world, crowning me and telling me they are proud of all the art work and sacrifices I have put in, and that I can rest now.

« Le travail de Kgole est une exposition de l’interaction entre les identités des personnes vivant dans le Limpopo rural et le monde qu’elles habitent. L’artiste a grandi dans un village du Limpopo, en Afrique du Sud, et raconte des histoires humaines très vivantes sur les expériences des gens qui y vivent. Ce sont des histoires qui ne sont pas racontées à un public urbain, pour qui l’Afrique du Sud rurale est un paysage caché. Elles racontent des histoires de lutte, d’abandon, de promesses non tenues et de rêves différés. Ils parlent de la résilience face à l’injustice quotidienne, de la résistance par le simple fait de vivre.« 

« Kgole’s work is an exhibition of the interaction between the identities of people living in rural Limpopo and the world they inhabit. The artist grew up in a village in Limpopo, South Africa, and tells vivid human stories about the experiences of the people who live there. These are stories that are not told to an urban audience, for whom rural South Africa is a hidden landscape. They tell stories of struggle, abandonment, broken promises and delayed dreams. They speak of resilience in the face of daily injustice, of resistance through the simple act of living. » 

MATHIAS CHIROMBO

Les peintures de Matthias Chirombon sont en grande partie inspirées et travaillées en lien avec la métaphysique traditionnelle du peuple Shona. Le peintre puise cet imaginaire mystique dans ses rêves. Il représente le monde spirituel comme des forces à la fois invisibles et tangible. Dans la cosmologie Shona, le monde spirituel existe grâce leurs interactions avec la matière. Les personnes récemment décédées et les ancêtres continuent de vivre aux côtés de leurs proches. Ils apportent la santé et protection ; en échange, les vivants honorent les défunts afin qu’ils restent présents dans leurs mémoires.

Les peintures de Matthias Chirombo explorent ainsi cette relation profonde entre les humains, la nature et les ancêtres. Les couleurs ont une signification importante : la couleur rouge représente le lien du sang entre les vivants et les ancêtres, les couleurs verte et jaune montrent le lien avec la nature.

Matthias Chirombon’s paintings are largely inspired by the connection with the traditional metaphysics of the Shona people. The painter draws this mystical imagination from his dreams. He depicts the spiritual world as forces that are invisible but tangible at the same time. In Shona cosmology, the spiritual world exists thanks to their interrelationship with matter. Recently deceased people and ancestors continue to live alongside their loved ones. They bring health and protection, in exchange, the living honour the deceased so that they remain present in their memory.

Thus, Matthias Chirombo’s paintings explore this profound relationship between humans, nature and ancestors. The colours have an important meaning: red represents the blood link between the living and the ancestors, green and yellow show the link with nature.


https://www.instagram.com/undiscovered_canvas/?hl=fr

Tous ces artistes sont représentés par Nomaza Nongqunga, entrepreneur basée à Antibes, créatrice et directrice de la résidence Undiscovered Canvas (toute première résidence dédiée au soutien des artistes émergents Africains dans le sud de la France). Arrivée en France en 2009, Nomaza réalisa le peu de visibilité des artistes Africains. Depuis, elle organise régulièrement des expositions en France, à Londres et en Afrique du Sud. Elle travaille en parallèle avec d’autres acteurs culturels notamment des producteurs au festival de Cannes, et des auteurs sud-africains. En 2017, elle fut remarquée par Emmanuel Macron et rejoignit le groupe Presidential Cousel for Africa, un groupe de conseillers sur l’Afrique contemporaine, dans le but de l’aider à élaborer de meilleures politiques pour l’Afrique.

All these artists are represented by Nomaza Nongqunga, an entrepreneur based in Antibes, creator and director of the Undiscovered Canvas residency (the very first residency dedicated to supporting emerging African artists in the South of France). Arriving in France in 2009, Nomaza realized how little visibility African artists had. Since, she regularly organizes exhibitions in France, London and South Africa. She works in parallel with other cultural actors including producers at the Cannes Film Festival, and South African authors. In 2017, she was noticed by Emmanuel Macron and joined the Presidential Cousel for Africa, a group of advisers on contemporary Africa, to help her develop better policies for Africa.

Make sure to have a look anh listen all the artist’s interviews on the youtube channel of Undiscovered Canvas

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