Biennale de Venise 2019 : Reportage photo, tops & flops | Venice Biennale : photographic report, good & bad points.

Qu’est-ce que la Biennale de Venise ?

La Biennale de Venise est un événement majeur du monde de l’art qui se déroule de mai à décembre tous les deux ans depuis 1894 (malgré parfois des complications en lien avec le contexte historique). La Biennale de Venise est une véritable fourmilière à l’organisation très complexe, et pour cause : des milliers de personnes sont impliquées à son bon déroulement. La Biennale a reçu cette année pas moins de 600 000 visiteurs… En quelques mots, la biennale, c’est : une i–m–m–e–n–s–e exposition d’art internationale où les pays du monde entier, viennent mettre en scène le travail d’un, ou de plusieurs artistes de leurs choix (souvent, mais pas nécessairement de la nationalité du pays qu’il.s représentent). Mais, au-delà d’une exposition bien plus vaste que la moyenne, La Biennale de Venise est en quelque sorte, un grand concours d’art, car des prix et récompenses y sont délivrés chaque fois, par un jury composé de personnalités importantes du monde de l’art. Ces prix sont des leviers éminemment lucratifs, considérés comme un honneur et permettant une reconnaissance historique et immuable de la part du public et des professionnels du milieu.

Au niveau de l’espace, là aussi, c’est fort complexe : il y a deux sites principaux nommés Giardini, et l’Arsenal. Le premier (Giardini) est le cœur historique de la Biennale ; c’est ici que tout commença sous l’impulsion du maire de Venise de l’époque Riccardo Selvatico. Dès lors, les bases du projet étaient lancées : le désir de présenter des œuvres inédites d’artistes italiens et internationaux lors d’un évènement ponctuel avec un comité de prestige pour juger de leur mérite. Pendant plus d’une décennie, la Biennale se déroula uniquement au sein du pavillon Central et à partir de 1905, les organisateurs suggérèrent aux différents pays participant régulièrement de construire leur propre pavillon. Par la suite, la biennale s’est continuellement agrandie (les pavillons se construisirent au fur et à mesure) et diversifiée au cinéma, à la musique, au théâtre, à la danse et à l’architecture. Depuis 1999, la Biennale dispose d’un nouveau lieu d’exposition : l’Arsenal (50 000 m2 dont 25 000 m2 en intérieur), un ancien domaine militaire. Cependant, le nombre de pays participants augmentant toujours plus, tout un réseau au sein de palais, de galeries d’art, d’églises, et d’hôtels particuliers se mit en place.

En plus de tous les pavillons nationaux, il y a ce qu’on appelle le Pavillon Central, un sur chaque site. Dans ces deux pavillons-là, le chef curateur désigné, sélectionne des artistes selon une thématique. Ces mêmes artistes exposent deux œuvres, deux propositions, deux visions, dans chaque pavillon central.

En tant que visiteur, la biennale, qu’est-ce-que c’est ?

En tant que visiteur, la biennale est comme un village, avec de très grandes maisons, et dans chaque maison, un univers parallèle. Un univers parallèle au monde extérieur, mais parallèle aussi, à la maison d’à côté. Tout, partout, tout est rempli d’œuvres, d’installations, de pierres, de morceaux de machin, de bruits, d’objets non identifiés qui bougent, des choses qu’on ne sait pas, d’autres qui font peur, d’autres qui font rire. Puis on ressort, on prend l’air, et on y retourne. L’art domine complètement et c’est étouffant… Mais si l’on parvient à tout voir, on peut quasiment dire que c’est une expérience de dépassement de soi. À mon sens, la biennale est une étape intéressante pour les art-explorers confirmés ; elle serait comparable à un marathon, si l’on ne s’est pas entraîné avant, ça risque de piquer.

Le temps de visite est peut-être quinze à vingts fois plus long qu’une exposition classique alors il faut ne pas être pressé. L’avantage est que les installations sont si grandes que chacune d’entre elles a une chance, et le temps que l’on accorde à chaque œuvre/installation est plus calme. On se fatiguerait à critiquer ou penser « qu’ils se moquent de nous » à chaque instant, alors le mouvement de notre réflexion est moins frontal et se laisse aller plus facilement vers l’errance et l’hypnotisation. Dans l’attente que quelque chose se révèle, on apprend de nouvelles choses, on s’ennuie parfois mais on creuse, on creuse… En permanence surpris, choqué, interloqué, on déblaye dans cet immense antre artistique labyrinthique, un humble passage.


What is the Venice Biennale?

The Venice Biennale is a major event in the art world that takes place from May to December every two years since 1894 (despite sometimes complications related to the historical context). The Venice Biennale is a veritable anthill with a very complex organization, and for good reason : thousands of people are involved in its efficient management. This year, the Biennale received no less than 600,000 visitors… In a nutshell, the Biennale is a huge international art exhibition where countries from all over the world come to show the work of one or several artists of their choice (often, but not necessarily of the nationality of the country they represent). But beyond a much larger than average exhibition, the Venice Biennale is, in a way, a great art competition, since prizes and awards are given out each time by a jury composed of important personalities from the art world. These prizes are eminently lucrative levers, considered as an honor and allowing a historical and immutable recognition from the public and the professionals of the business community.

Space-wise, again, it’s very complex : there are two main sites called Giardini and the Arsenal. The first (Giardini) is the historical heart of the Biennale ; it was here that everything began, under the impetus of the Mayor of that time of Venice, Riccardo Selvatico. From then on, the foundations of the project were laid : the desire to present works by Italian and international artists, at a one-off event, with a prestigious committee to judge their merit. For more than a decade, the Biennale took place only in the Central Pavilion and from 1905 onwards, the organizers suggested to the various countries regularly participating to build their own pavilions. Thereafter, the Biennale continually expanded (the pavilions were built progressively) and diversified into cinema, music, theatre, dance and architecture. Since 1999, the Bienniale has had a new exhibition venue : the Arsenale (50,000 m2, including 25,000 m2 inside), a former military estate. However, as the number of participating countries continues to grow, a whole network of palaces, art galleries, churches and mansions has been set up.

In addition to all the national pavilions, there is what is called the Central Pavilion, one at each site. In these two pavilions, the designated chief curator selects artists according to a theme. These same artists exhibit two works, two proposals, two visions, in each central pavilion.

Top & flops tout en bas.

As a visitor, the bienniale, what’s it like?

As a visitor, the biennial is like a town, with very large houses, and in each house, a parallel universe ; a universe parallel to the outside world, but also parallel to the house next door. Everything, everywhere, is filled with works, installations, stones, pieces of stuff, things we don’t know, things that frighten us, things that make us laugh. Then we go out, get some fresh air, and go back in. Art completely dominates and it’s suffocating… But if you can see everything, you can almost say it’s a transcendental experience. In my opinion, the biennial is an interesting stage for experienced art-explorers ; it would be comparable to a marathon, if you haven’t trained before, it might sting.

The visiting time is perhaps ten to fifteen times longer than a classical exhibition, so you should not be in a hurry. The advantage is that the installations are so large, that each one of them has a chance, and the time we give to each work/installation is quieter. We would get tired of criticizing or thinking « they’re laughing at us », so the movement of our thinking is less frontal and more easily led into mindless wandering and hypnotism. Waiting for something to reveal itself, we learn new things, we get sometimes bored, but we dig, we dig… Constantly surprised, shocked, taken aback, we clear a path in this immense chaos.

Good and bad points down all the way down.

Venezuelian pavillon, Natalie Rocha
Danish pavillon, Larissa Sansour
Antoine Catala
Yin Xiuzhen
Germanian pavillon, Natascha Süder
Hungary, Tamas Waliczky
Sculpture : Nairy Baghramian
Sun Yuan & Peng Yu ; Central Pavillon
Liu Wei
Martine Gutierrez
Nabuqi
Austrian Pavillon, Renate Bertlmann
Mexican pavillon, Jessica Villamil
Turkish pavillon, Inci Eviner
Republic of South Africa pavillon, Mawade Ka Zenzile
Indonesian pavillon,
Indian pavillon
Ad Minoliti
Roman Stanczak

Les tops

  • Dans la plupart des pavillons, il y a des guides, des médiateurs, et souvent, ce sont des jeunes, des étudiant.es aux beaux-arts dont c’est la passion. Des échanges explicatifs et constructifs sont possibles.
  • Le livre de la Biennale est très bien fait. C’est une ressource de documentation incroyable, plusieurs formats et prix sont disponibles.
  • Le fait que l’évènement dure aussi longtemps permet de le visiter en « saison basse » avec moins le monde dans les espaces d’exposition.
  • La possibilité de s’intéresser en « une fois » aux travaux d’artistes de nationalités et cultures totalement différentes, de voir des centaines de nouvelles choses et connaître autant de nouveaux artistes en un temps aussi réduit.
  • Beaucoup d’espace et de nature entre les pavillons.
  • Le prix est très correct pour les étudiants.
  • Diversité incroyable dans les propositions artistiques = il y en a pour tous les goûts !
  • Quelques installations interactives et complètement immersives avec le public.

Les flops

  • L’ensemble des espaces d’exposition est assez mal expliqué quand c’est la première fois que l’on s’y rend. Très peu de points de repères quand on est sur place (pas de cartes par exemple, on ne sait pas où on est ni on où on va).
  • Déplacement et trajet pas très fluides pour s’y rendre (quand on ne connaît pas la ville).
  • Trop de pavillons en dehors de la Biennale. Ils sont disséminés dans toute la ville de Venise (Thaïlande, Zimbabwe, Iran, Syrie, Irak, Portugal, Pakistan, Nouvelle-Zélande, Mongolie Malaisie, Monténégro, Guatemala, Haïti, Estonie, Lituanie, Chypre) sont par exemple des pavillons qui demandent trois fois plus de temps pour être visités. Le temps de trouver chaque pavillon dans les rues très compliquées de Venise… c’est donc quasi-impossible de tout faire en trois quatre jours d’arty trip, si l’on veut visiter autre chose dans Venise.

Good points

  • In most of the pavilions, there are guides, mediators, and often, there is young people, students of fine arts who loves art. Explained and constructive exchanges are possible.
  • The Biennial book is an incredible resource of documentation. There are several prizes.
  • The event lasts a very long time and this allows the possibility to go there in winter, when there are much less people than in summer.
  • The possibility to get interested in the works of artists of totally different nationalities and cultures in « one time », to see hundreds of new things and get to know so many new artists in such a short period of time.
  • Lots of space and nature between the pavilions.
  • The price is very correct for students.
  • Incredible diversity in artistic proposals = there is something for everyone !
  • Some interactive and completely immersive installations with the public.

Bad points

  • The whole exhibition space is rather badly explained when you first go there, and there are very few reference points when you are there (no maps for example, you don’t know where you are and you don’t know where you are going).
  • Too many pavilions outside the Biennale. They are scattered everywhere in Venice – Thailand, Zimbabwe, Iran, Syria, Iraq, Portugal, Pakistan, New Zealand, Mongolia, Malaysia, Montenegro, Guatemala, Haiti, Estonia, Lithuania, Cyprus are, for example, pavilions that take three times longer to visit (the time it takes to find each pavilion in the very complicated streets of Venice, so it’s almost impossible in an arty trip of three, four days if you want to visit something else in Venice).

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